2025 : Wakey Wakey Rage & Fuckery

 

Salutations ma petite tartine d’anxiété et de colère,

Ça fait longtemps ma caille.

Tu excuseras le léger décalage de 12 mois, c’est la deuxième fois, toutes mes confuses. La première on a eu le COVID, la seconde on a eu “tout ce merdier”. Je me sens un peu responsable, peut-être que je suis devenu comme Paul Rudd, Keanu Reeves et Keith Richards, un pilier de cette dimension. Et merde, on est pas sorti du bouge avant un moment si c’est ça.

La désormais 15e édition de cet édito annuel a donc été décalée par force majeure, j’avais rendez-vous avec le carrelage froid et dur de la réalité et c’était fun. On s’est croisé à MACH7, accident bête de contresens commun, j’ai pas eu le temps de freiner que ma vie défilait devant mes yeux en 360p (oui on avait que ça de mon temps donc plus de la moitié de ma vie est en SD, nul/10). No Cap comme disent mes petits GenZ, j’avais pas prévu de finir en Jackson Pollock sur la toile enchantée de l’univers.

Évidemment.

La maman de Forest Gump disait “La vie, c’est comme une boite de chocolats”. Qui m’a laissé ceux aux noix de Pécan et à la ganache à la merde s’il vous plaît ? Appelez-moi le putain de manager, il va prendre pour ces semblables et bouffer ses pécans torréfiés aux rayons cosmiques par le fiak. Ça lui fera son bonus annuel et sa recommandation pour France Travail, Famille, Patrie à ce fils de rien. J’ai méga morflé ma grande race, fouyaya que c’était laid. Récap’ nappée aux boyaux de la tête, accroche-toi au pinceau, j’enlève l’échelle de Jacob.

Where Are Thou?

En fin 2022, une rude et compliquée année s’annonçait. Fallait pas être Nostradamus pour savoir qu’on allait galérer, mais j’aurais préféré ne pas croiser le Désanusseur de Montargis et son couteau “Édition Signature Philippe Etchebest” le 1er au soir. Le cauchemar n’était pas qu’en cuisine et il ne s’est même pas pointé avec un gilet en tweed trop serré et un camaïeux de couleurs choisies pour faire mousser un daltonien épileptique. Au moins, j’aurais pu le tenir à distance en lui expliquant les tenants et aboutissants de ses multiples et répétés “Fashion Faux Pas”, ou parler quelques instants de son set up de batterie mais non, rien n’est jamais simple avec moi. Esquiver un ou deux coups de schlass en le rendant confus n’aurait pas été du luxe, parce que j’ai pris cher, et c’était pas la chanteuse. À l’époque, je me suis pompeusement dit “ça va aller”, un peu comme quand on secoue une cartouche d’encre à moitié pleine pour refaire marcher son imprimante, et grand mal m’a fait. J’avais perdu mes plumes de corbeau, mon sixième sens pour sentir les emmerdes arriver sur leurs chevaux horrifiques, j’étais devenu “confiant et certain de pouvoir surmonter les vicissitudes de la vie”.

Rien qu’à l’écrire j’ai envie de demander à Jérôme LeBanner et Ragnar Le Breton d’aller dans le passé pour me coller des tartes. Ouais, tant qu’à se faire péter la gueule, autant le faire faire par des artisans qui ont du cœur. En 60 jours, j’ai pris le tarif complet “administration qui craque, boulots qui partent en couille, collègues cons et perte de l’être aimé”. Je n’aurais pas la certitude qu’il faille sacrifier l’équivalent d’une demie-famille de catholiques intégristes (32 personnes environ pour les profanes) pour me marabouter la gueule, j’aurais pu crier à la diablerie. Le reste a été une longue et cruelle traversée des tranchées boueuses de l’existence, parfois agrémentée d’un retour impromptu de la plus belle époque de ma vie. C’est du sarcasme hein, je me suis collé une dépression tellement velue qu’à un moment j’ai cru qu’il serait presque plus pratique de Guillaume Caner. Presque.

Burnout Paradise

Oui faut en parler de ces moments où tout est tellement à chier que t’as juste envie de dire “okay les potos, c’était fun mais faut qu’j’me rentre là”. Les pensées intrusives délétères sont un fort signe de dépression, ou plus prosaïquement, ton cerveau est en plein bad trip chimique et il faut que tu lèves le pied et te fasse aider. L’ai-je fait ? Alors oui : non. Non mais je te vois venir là, “ouais faites ce que je dis pas ce que je fais gnagnagna”. Mais carrément ma gueule. Si après 15 ans tu penses encore que j’ai les réponses aux questions de l’univers, envoie-moi un virement de 50 000€ par paypal, ça va bien se passer. Je bénirai abondamment tes fourchettes pour tuer les calories de tes petits plats, et j’enverrai des angelots toucher ton Puddah quand il fait froid en dedans. Appelle moi Keneth Foxland, envoie de la thune, ça servira pour mes bonnes œuvres. Au nom du Pèze, du Fric et du Saint Bénéfice, Amène, Amène. Sérieusement, tu penses bien que sur l’échelle de la tête de con, je garde la couronne et que je reste au sommet de la colline.

Je te la fais à la Audiard mais dans le fond et la forme, c’était loin d’être gloire des grands soirs. Essayer de survivre et en même temps continuer de tanker devant, derrière et sur les côtés, c’est pas une promenade dominicale avec la miss qui chantonne et le golden retriever qui se lèche le fion au bord de l’eau. Malgré mon refus catégorique d’aller voir un docteur des boyaux de la tête parce que “cette thune est mieux investie ailleurs”, je n’étais heureusement pas seul et j’ai eu beaucoup de support de proches, qui pour certains liront ces lignes (je vous aime tas d’cons). Ça aurait certainement été mieux si je n’avais pas été une foutue bourrique, mais on ne se refait pas.

Pour les deux fans d’astrologie du fond, je suis bélier ascendant vierge. Même si j’ai longtemps plus tenu de la pucelle, je suis né avec une grosse paire de cornes et j’ai appris à mal m’en servir. Non, rien à voir avec mes ex, une bonne partie n’étaient pas un bon match mais aucune ne m’empêche de figurativement passer les portes, elles étaient trop bien pour ça. Bref, toute cette mise en abîme pour dire que je suis et je reste une immense tête de con et que j’écoute pas grand chose quand c’est pour mon bien. Et en faisant comme ça, je prends très très cher (toujours pas la chanteuse, non).

Fast Forward

J’accélère parce que j’ai des trucs plus importants (non) à dire, mais de l’été à décembre 2023, je me suis éclaté la gueule dans un immense escalier de taff et de dépression. Je me suis fait les 100 étages de la Sépulcrale Volée de Marches, sur les dents et sans rater un rebord ou toucher la barre. Hold my Beer Skate 4, mes taules sont plus belles que tes retards. Le César de la catastrophe, l’Abemus Papam de la compression squelettique ma couillasse. On aurait filmé ça, Bernard Montiel et Olivia Adriaco m’auraient envoyé 10 000 Francs rien que pour la performance artistique. Et donc en décembre 2023, alors que je me disais qu’enfin, j’avais sécurisé un peu de moula au prix de ma santé, d’un peu de mon âme et d’un déficit de sommeil plus abyssal que la dette des deux présidences Macron réunies, j’ai crashé.

Mais attention, pas le crash “ouh, je me sens pas bien là Meunique”. Le crash où tu t’assieds dans la bagnole, sur le canapé ou sur le lit et que le seul truc qui sort de toi, ce sont des gros hurlements entre deux sanglots baveux et glaireux. Si tu préfères une image qui bouge avec du son, ça ressemblait trait pour trait à ceci. J’avais besoin d’une pause, de vacances. Enfin, “vacances” oui et non, je savais que ça n’allait pas être le Waterbomb Festival avec Hwasa qui vient te masser les épaules dans un mini-short considéré comme une arme de destruction massive, mais j’allais au moins arrêter de me buter en x 25 speed. Pro tip : ça marche pas mal, mais faut avoir les ronds pour tenir la distance. Parce qu’un burn-out, ça ne se répare pas en 4 semaines, ni en 8 et étrangement, pas en 16 non plus.

Faut avoir les reins solides dans notre économie, encore plus quand tu sais que t’auras Béatrice Que Dalle si tu reprends pas un client vite. Et quand t’es plus foutu d’écrire une ligne, au bord de crever d’une attaque de panique en ouvrant ton éditeur de texte et que t’as l’impression qu’un morceau de ton cerveau sort d’une soirée chez Diddy : c’est corsé façon sauce Carolina Reaper. Bref, tu comprends mieux pourquoi j’ai un peu ghosté une bonne partie de l’univers pour assurer mon insolente survie dans le chaos monumental qu’était mon existence.

Wesh Alors

Il a donc fallu remonter la pente avec un diagnostic sans appel : “il dit qu’il a pu d’genoux”. C’était pas la première fois que je me transformais en Supernova, c’était la 6e en 15 ans, je pensais que j’étais rodé et qu’avec un mois ou deux de repos ça allait aller, tranquille tavu. Que nenni ptdr, au bout de 6 mois j’avais l’impression que j’avais laissé mon cerveau quelque part dans une consigne de gare et filé les clefs à un singe capucin sous meth. Autant te dire que les différents trucs que je faisais pour sortir du trou étaient peu efficaces pour relancer la machine de mon incommensurable et fulgurant génie. Incapable d’illuminer le monde de ma présence, dénué de patience (certain.es m’ont pas aidé là dessus, je vous regarde), il fallait remonter la pente et penser à reconstruire l’intérieur.

Santé Mentale : Grande Cause du 21e Siècle. Alors ouais, non hein. Dans les faits, faut du blé, du temps et de l’énergie et je ne pouvais choisir qu’un des trois. J’ai donc pris le temps, lutté avec mes adorables aspects inconscients et leur cohorte de chieries diverses et variées, tant en intensité qu’en nombre. J’aurais préféré me taper directement avec Ragnar le Breton, parce que c’était PAS COOL DU TOUT. Ragnar, c’est un bon gars comme on les aime, il te met une mandale, ça chauffe, ça claque, mais derrière, après avoir mis un peu de glace il pense à l’after care. Il est doux comme un prince charmant, y a du respect et de la tendresse. Ceux qui me connaissent bien savent que je suis capable d’un amour infini, mais aussi d’une infinie violence. Et dès qu’il s’agit de moi, c’est le best of des meilleures punitions de l’Inquisition au Mossad. J’ai donc entamé un bras de fer avec moi-même, qui a évidemment débuté par “azy tu casses les couilles là”.

Ce n’est pas très efficace.

Le douloureux tango a duré plusieurs mois, on se voit encore de temps en temps pour s’expliquer, avec plus de douceur, mais trouver les clefs et les portes n’a pas été une mince affaire. Mon premier conseil est donc : ne sois pas aussi stupide que ton humble serviteur, prends un arrêt, mets des barrières, vois des toubibs et essaie de démarrer gentiment sur le chemin du mieux. Mais, même si je ressors du bordel avec de nouvelles cicatrices et des envies de tattoos moches et chers, le plus gros est derrière moi. J’ai fait n’importe comment et c’était moche, long et sale, un peu comme le second quinquennat en cours.

My sis, my bros, my non-binary hoes, my weirdos.

Non mais tu pensais bien que j’allais être politique à un moment où à un autre quand même…

Pas de politique dans mes éditos, allons, allons, il ne faudrait pas heurter des sensibilités avachies dans le marécage immonde de pensée molle d’une poignée de trous de balles perdus en ces terres. Ah oui, j’oubliais : full disclaimer, la retenue est restée en 2023, requiescat en pace biatch. J’ai pris du temps, mais j’ai plus le temps de tourner trop autour du pot pour rien. J’embrasse désormais fièrement ma mixité entre Billy Butcher et Robin Williams, mon incroyable affabilité et mon incommensurable rage. Après 42 révolutions sur cette boule de terre, dont une bonne partie à devoir supporter le n’importe quoi imposé par beaucoup trop de paramètres incontrôlés, j’ai dit stop.

This is a shitshow

Mon père, cet homme plein de phrases de bon sens (ou pas) avait une question récurrente quand le très jeune moi tournait autour du pot : “Si demain t’as plus à bouffer ils seront là ? Non, alors qu’est-ce t’en as à foutre.” Près de trente ans plus tard, cette réponse a pris des proportions inégalées dans notre société au bord de l’implosion. On s’est payé la tête des Belges pendant des années comme des Marc Olivier Fogiel “ahahahahah ils ont pas de gouvernement t’as vu, regarde Zaza les Belges ils ont pas de gouvernement”. On a absolument plus le droit de le faire, ça fait 18 mois qu’on est moins stables qu’un pays d’Amérique Centrale. Et eux ils ont la CIA et les cartels au cul H-24 (oui ce sont les mêmes mais pas tout à fait, y a une moustache). On a pas d’excuse valable.

Si le statu-quo volontaire est que nous sommes des serfs menés par le bout du nez, des esclaves corvéables à merci ou des fanatiques aveuglés par un passé glorieux qui n’a jamais existé, non. Juste non. On va pas me dire que le All Stars des pires traîtres de Koh Lanta, leadé par Captain Bigorre est une alternative politique valable à quoi que ce soit. Non, cet empaffé est peut-être maire de Pau, mais il est aussi Béarnais que je suis Guatémaltèque putain, il est de l’autre côté de la montagne, et même pour eux il vient pas du bon côté de la montagne. Mais ça suffit enfin, on a vu The Office UK et US, même Dwight est moins un fils de rien que le pire de cette bande de raccrocs et de recalés. Sérieusement, ça fait 18 mois qu’on joue aux chaises musicales avec le même roster de glandus. J’ai joué à des Doujin de baston totalement flingués qui étaient moins nuls que ça. Et puis quand même :

MANUEL VALLS. FOR FOX’ SAKE.

J’ai dû regarder si j’avais pas chopé la syphilis et que j’étais en train de faire une énorme crise de psychose hallucinatoire rien qu’en voyant son nom sur mon écran. Je ne parlerai même pas de Gérald Diddymonnain ou de la mère Borne to be a cunt, y a des tiercés perdants et puis y a la défaite qui sent la poubelle. Faut quand même avoir une morgue incroyable pour te remettre au premier rang le catalogue 2020/2024 des abuseurs sociaux et humains et penser que ça va passer. Évidemment, avec le sociopathe en chef, tout va bien, nous vivons dans l’union, le sport nous fait du bien et le travail nous libère. Arbeit macht frei, c’était écrit à l’entrée de bâtiments qu’il faudrait pas oublier quand même, parce que je suis moyennement chaud de préférer le train si vous voyez ce que je veux dire.

Mais écoute garçon, soit, tout va bien, je vais t’emmener dans mon paisible petit patelin où depuis que t’as pris tes décisions de nullos avec tes déglingos de canapé, y a des pauvres mecs déportés et laissés à l’abandon dans les parcs et qui partent en vrille, des drive-by dignes de Harlem 1991 et un sentiment d’abandon total de ta part et de celles de tes sous-doués de la carotte ministérielle pour tout le monde. T’es mauvais Jack, t’es maaaaaauuuuvaaaaais. Faut arrêter monsieur, il faut partir maintenant.

Va pas non plus falloir compter sur deux tiers restants de l’assemblée pour changer les choses, ils sont trop occupés à apprendre à lire Goebels dans le texte, à lécher des bottes de vieillard en égo-trip ou à s’entre-dévorer pour qui va dire qui qui est le chef des autres. Si c’est une assemblée représentative, va falloir accepter qu’on est des immenses tocards de compétition mon petit chat.

Si un mec te traite de cheval, fous-lui ton poing dans la gueule. Si un second mec te traite de cheval, traite-le de con. Mais si un troisième type te traite de cheval, va falloir penser à t’acheter une selle.”

Comme je ne suis pas très fan de me faire monter contre mon gré et que j’ai les genoux fragiles (il dit qu’il a pu d’genoux), il va falloir accepter la situation. Attention, accepter une situation ne signifie pas accepter que c’est comme ça. Il faut accepter qu’on va probablement manger du caca aux pépites de verre pilé, mais qu’il faut trouver des solutions pour en manger le moins possible, voire trouver le moyen de lancer l’assiette sur le cuistot. Non parce que le menu Sodexo à base de scandales qui passent comme une lettre à la poste, de mises en examen qui sont plus petites que la France et de défense Maurice Papon “C’est pas moiiii”, ça commence à bien faire. Pour toi et moi une erreur critique c’est éjection du taff et scrutation de l’administration du nouvel “assisté” fraîchement arrivé à France Travail (Famille Patrie, je pense que tu as imprimé le mood) avant le début d’une longue traversée du désert. Pour eux c’est vol en première pour la Suisse à montrer comment on est un gros anus brun et sale en toute décontraction.

Embrace The Suck

Mais que pouvons-nous faire Ô Grand Gourou à la Sagesse Ultime ? J’ai plein de solutions, j’ai toujours plein de solutions. Je suis un peu comme Batman, en vraiment beaucoup beaucoup moins riche et vraiment pas playboy. Même si la plupart d’entre elles demanderaient de l’huile de coude, un forgeron et plusieurs voyages à Bricomarché (ce qui est totalement dans le domaine du réalisable), on va attendre un peu pour ça.

Il va falloir serrer les rangs. J’entends par là rester serré avec les siens, surveiller ceux qui comptent et qui ont besoin d’aide, de réconfort, de conseil ou juste de présence. S’ils n’ont pas de temps pour toi, tu n’as pas de temps pour eux, imprime bien ce détail, il est important. Dans notre société, la seule monnaie qui crée de la valeur c’est le temps. Tu vends ton temps quotidien pour créer de la valeur et on te paie une infime partie de ce que tu crées pour enrichir des gens dont le temps est “précieux”. C’est exactement pareil avec ton entourage. Regarde qui prendra le temps pour toi, qui te demandera du temps quand tu n’en as pas et ne trouvera jamais quelques minutes quand il fait noir et froid. Fais un premier ménage, sois un peu égoïste pour offrir ton précieux temps à celles et ceux qui te donnent un peu de lumière.

Ne sois pas revanchard ou mesquin, aucun de nous n’a le temps pour ça, laisse une note griffonnée quelque part et oublie. Concentre-toi à protéger ton petit boule de beurre, ton cercle de confiance et ton royaume d’amour. Le monde va mal et il y a des raisons et des causes, nombre d’entre-elles sont hors de ton contrôle même si tu en souffres directement ou indirectement. Essaie d’être une épaule quand tu peux, une main quand il le faut et quand tu ne peux pas par manque de force ou d’espoir, va demander de l’aide. Un non te fera monter la rage nécessaire à tenir un autre jour et recommencer, un oui t’apportera le sanctuaire nécessaire à ton repos.

Dis non. Refuse d’endosser les erreurs des autres parce que c’est plus facile pour tout le monde. Documente ton taff, réfléchis à ce que tu veux et à ce que tu dis, aux conséquences de tes pensées sur ta santé mentale, et de tes actes sur les autres. On est pas tous des super héros, on a pas besoin de l’être, les vrais héros sont des humains ordinaires qui offrent un sourire, un peu de temps, un peu de paix dans la tempête.

Sois patient et compréhensif avec toi-même. Là je me sens vraiment comme un foutu prédicateur ricain (envoie 50 000€ sur mon paypal, je bénirai aussi tes cuillères), parce que je ne l’ai jamais beaucoup été avec moi-même. Souvent, on se dit des choses qu’on oserait pas dire à quelqu’un d’autre. On se mine, on se punit, on se détruit, en toute détente, entre deux séries, on se torture gratuitement et mieux qu’un professionnel. Tu as le droit de poser le genou, d’aller moyennement bien ou carrément mal, mais tu dois t’autoriser à l’être et laisser sortir le sale qui bout en dedans. Prends mon exemple, j’ai cru que j’allais arrêter Thanos EASY BABY, quand il a snapé j’ai fini sur mon canapé à ouin ouin comme une grosse merde parce que j’avais pas visé la tête. Bon, au moins j’ai pas joué à Fortnite, je peux tomber bas mais pas aussi bas. Enfin, j’ai joué à Balatro comme un putain de camé de la colline du crack 2024, mais je me respecte plus que les joueurs de Fortnite. Fuck You Tim Sweeney, ya cunt.

Arrête de dire que ça va bien quand ça va pas. Je sais qu’on vit dans une saucisse qui brûle par les deux bouts, mais quand on te demande si ça va, sois honnête, ça va te changer la vie. Si tu vois la personne s’écarter, hop, du temps gagné. Tout le monde n’a pas l’énergie ou le temps, ce n’est pas un jugement, mais tu n’as pas à rougir d’avoir des moments de moins. La grande illusion d’une société performative et toujours positive, c’est un immense bullshit. La positivité toxique, la perte de sens et de considération, la perte des mots, l’ensemble participe à te mettre à terre et te culpabiliser d’être “moins” quand tu n’es clairement pas moins que Jean Miche Muche. Lui est une grosse tâche de crasse sur la toile de l’existence, parce qu’il ne s’intéresse à personne. Nique-toi bien fort Jean Miche Muche, avec tes costards trop serrés et ta dégaine de tas d’merde de la Toulouse Business School qui croit qu’il sort de Berkley. T’es un gros mauvais, et prends tes potes en pulls Ralph Lauren avec toi, allez vous toucher le bout sur une autoroute allemande, ça va vous ventiler la Nespresso.

Comme en 2022, le flou artistique de l’avenir me laisse sans réponse toute faite aux questions que tu peux te poser. Et crois bien que je m’en pose beaucoup, trop même, mais moins qu’avant. Les limites de systèmes sur le déclin commencent à se voir partout, la torpeur ambiante sent un peu trop l’Europe des années 30 et j’espère qu’on ne se fera pas manger sans offrir une sauce tellement épicée que personne osera croquer nos petits culs.

Tanker ne sera pas toujours la bonne solution, il nous faudra naviguer avec le courant en protégeant nos êtres chers, devenir comme l’eau pour glisser entre les rochers. Être les alliés de celles et ceux qui seront encore ciblés demain, être moins tolérant de l’intolérable et surtout, surtout, tenir la barre pour traverser les vents mauvais qui nous toucheront à différents niveaux.

2025 sera encore une année bizarre, les nuages sont moches mais l’on peut compter sur la nullité absolue de nos grands méchants internationaux pour arriver à se manger entre eux avant que l’on ait à le faire nous-mêmes. En rangs serrés, dans nos petits cercles de confiance, faisons du mieux qu’on peut pour passer les écueils, à notre rythme, avec les armes qu’on a et demain, recommencer jusqu’à ce qu’on trouve un coin de soleil pour sécher les voiles et préparer une meilleure aventure.

Et si tout fout le camp, on pourra toujours organiser un grand tournoi de Mario Kart, c’est super fun entre amis et visiblement ça donne de très bons résultats.

C’était pas mal comme catch up sans ketchup, on devrait faire ça chaque année (ça vaaaa je déconne, pas taper). Je te la souhaite solide sur tes appuis, forte en santé et remplie de moments de joie avec peut-être d’un peu d’amour, c’est pas mal comme truc aussi. Et si ça noircit sur le plafond, attends pas, on a besoin de personne pour se mettre dedans, mais faut de l’aide pour revenir dehors.

Cette fois on se donne vraiment rendez-vous dans un an, No Cap, croix de bois croix de fer, si je mens, Valls va en enfer. Okay elle était facile mais avoue, t’étais à deux doigts de signer le deal. Le diable est dans les détails, c’est pour ça que j’écris mes contrats.

See you on the other side, Hooman.

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